Le projet professionnel qui me ressemble: les étapes pour y parvenir (3/3)

Après avoir disserté sur le peu d’efficacité que constituent les « deux issues de secours » traditionnelles (articles précédents) permettant de découvrir quel pourrait être le projet professionnel susceptible de (re)donner du sens à sa vie professionnelle, j’en viens à exposer trois étapes indispensables pour y parvenir :

  1. Admettre que l’on a peur de quitter ce que l’on connaît
  2. Reconnaître que notre premier choix professionnel était surtout l’enchainement naturel de nos résultats scolaires et universitaires et le reflet de notre première compréhension du monde
  3. Accepter l’idée que nous ne naissons pas libres

Admettre que l’on a peur

Et admettre que cela est on ne peut plus normal dans la société dans laquelle nous vivons.

Au XXIème siècle, il est en effet devenu plus dangereux pour l’ego d’échouer dans un projet qui nous tient à cœur que de consacrer 90. 000 heures de sa vie à un travail que nous subissons.

Autrefois, nous avions peur de mourir.

Aujourd’hui, nous avons peur de vivre.

Alors, nous existons.

Comme exister consiste à se maintenir en vie, alors nous nous protégeons.

Et pour se protéger, nous recherchons plus ou moins consciemment un poste dans notre spécialité avec un kit sécurité à la clé.

Dans le privé, on est parfois prêt à beaucoup pour attirer et retenir des personnes qualifiées ; PEL, PERCO, PEE, mutuelle, assurance décès, jours « enfants malades », comité d’entreprise et ses tickets cinéma, réductions locations, voyages….

Et pour certains : téléphone, voiture de fonction, carte essence…Si l’on est conscient des avantages que cela procure matériellement,

Avons-nous toujours conscience de ce que notre subordination nous coûte ?

Quand cette sécurité et ces avantages deviennent trop lourds, lorsqu’ils empiètent trop fortement sur notre besoin fondamental de nous déployer, de vivre pleinement et non confortablement, c’est que l’on est prêt à explorer au-delà.

Et à se poser la seule question qui vaille : qu’est-ce que je veux vraiment faire de ma vie ? Que voudrais-je laisser derrière moi ?

A tous mes lecteurs, je voudrais dire combien la peur d’abandonner un emploi sécurisé, même lorsque l’on en souffre, est légitime.

A quel point il ne faut pas la juger et pourquoi il est nécessaire de prendre le temps de l’écouter pour la remplacer progressivement par sa propre sécurité intérieure.

Car, ne nous y trompons pas, la sécurité que l’on achète en vendant son temps de travail est matérielle, donc fragile.

La seule qui vaille est intérieure.

Reconnaître que l’on ne se connaît pas bien (encore)

Le « connais-toi toi-même » est au programme de terminale en philo.

Nous avons été des promotions entières à nous creuser la tête sur cette injonction socratique et qu’en avons-nous retenu ?

Je vous laisse le soin de vous référer à votre propre vécu et partage avec vous mes réflexions à ce sujet.

Pour être honnête, même en ayant fait une prépa littéraire, je n’ai jamais bien compris cette maxime de la philosophie grecque antique.

Faute de pouvoir y répondre (que connaissons-nous de nous à 18 ans?),

je l’ai souvent réduite à un message invitant l’homme à se rappeler sa condition de simple mortel.

En d’autres termes, nous sommes imparfaits et nous allons mourir, mieux vaut donc ne pas perdre de temps à tenter d’être quelqu’un d’autre et nous s’appliquer à comprendre quels sont les principes de vie qui guident mes actions et qui donnent du sens à ma vie.

J’étais d’accord sur le principe et ne pas vivre ma vie dans le regard des autres me convenait on ne peut mieux, mais voilà, de quoi étais-je consciente à cette époque ?

Que connaît-on de soi-même à 18 ans ?

Pour s’interroger efficacement, l’étape suivante constitue un préalable nécessaire.

Accepter que la liberté se gagne

Le problème, c’est que nous en prenons conscience beaucoup trop tardivement.

Est-ce en raison d’un mai 68 légué par nos parents convaincus d’avoir œuvré pour un monde plus libre ?

Ou peut-être à cause de ce fichu mythe de la Caverne, trop éloigné de l’idée que nous nous faisons de l’enfermement psychique ?

Comment comprendre qu’un poste très bien payé dans une multinationale, un bureau conforme aux exigences du plus grand happy chief officer, l’appartenance à une association humanitaire qui agit contrairement aux valeurs qu’elle promeut (cela arrive malheureusement aussi et ça fait d’autant plus mal) … puissent faire partie de notre grotte noire dans laquelle nous tournons en rond, enchainés les uns aux autres, loin du soleil ?

Si le propos est caricatural, l’abnégation dont les personnes qui souffrent au travail font preuve pour garder leur emploi a de quoi interroger le degré de liberté dont nous jouissons effectivement.

Pour répondre honnêtement à cette question, il faut avoir compris que notre manière de penser une vie réussie d’agir est largement induite par notre environnement social, culturel, relationnel, familial, etc…

Pour revenir à soi, il n’est pas d’autre chemin que de se défaire des réalités établies et d’interroger notre propre vision du monde, notre propre version de nous-même.

C’est à ce prix, à cette condition ultime, que nous pouvons découvrir nos talents et décider d’investir notre temps pour les faire grandir.

Les femmes que j’accompagne et qui s’engagent dans cette dynamique de renouveau témoignent toutes du temps dont elles ont eu besoin pour dépasser leurs peurs et de leur besoin d’être épaulées, soutenues et guidées durant cette période de transformation.

Si vous voulez passer doucement de « l’idée à la réalité »,

Si vous avez besoin d’être sécurisée dans cette démarche,

Et s’il vous importe autant de trouver du sens à votre engagement que de savoir comment en vivre…, vous êtes au bon endroit !

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