Reconversion professionnelle : Découvrir le projet professionnel qui me ressemble (1/3)

Pourquoi une (super) formation n’est qu’une issue de secours

Cette préconisation s’adresse tout particulièrement aux candidats ou aux personnes déjà victimes d’un brown out ou d’un bore out sévère.

Dans ces deux hypothèses, en effet, l’épuisement ne provient pas d’une suractivité mais d’un ennui ou d’une perte de sens au travail dont les effets sont tout autant ravageurs sur le plan psychique que le burn out.

Dans ce cas précis, tout est bon pour répondre au besoin impérieux de s’occuper intellectuellement, de sortir d’un ennui lancinant ou d’un non-sens vertigineux.

L’idée, pour ne pas dire « l’issue de secours » pour ceux qui en sont victimes, consiste à retrouver un peu de consistance, de rallumer le feu éteint de la motivation en développant son intérêt, en enrichissant ses connaissances dans un domaine pour lequel l’employeur – structure privée ou publique – pourrait faire part d’un intérêt quelconque.

Si le projet répond à une logique implacable pour celui qui la suit (la formation occupe sainement l’esprit) et s’il peut par ailleurs se révéler être louable dans sa finalité (l’organisme employeur disposera de compétences accrues dans un domaine), il n’est pas à même de répondre concrètement et durablement à la demande de sens et de consistance évoquée supra.

De ce fait, il est risqué, même vraiment incertain d’imaginer pouvoir mettre du sens et de la matière à travers un nouveau poste de travail, spécialement créé pour ce faire.

Pourquoi ?

D’une part, parce que la formation répond à une logique le marché, dont l’objectif de ceux qui en vivent consiste bien à vendre.

Pour ce faire, notre imaginaire est sollicité et toute la logique commerciale – du packaging au  webmarketing – parfaitement huilée, joue son rôle, à fond :

Le tableau professoral nous rappelle de plus jeunes années, mais cette fois nous sommes plus matures et nous ne doutons pas devenir plus intelligents à leur contact, plus efficaces dans notre recherche d’emploi grâce à leur réseau ….

Les certifications décernées sont de véritables médailles sensées nous venger de l’ingratitude dans laquelle on nous a placé : nous sommes encore capables d’exploits universitaires.

L’avenir que l’on nous y décrit est radieux, le sourire ultra bright des heureux élus nous apporte la preuve d’un ailleurs possible où l’apprentissage de nouveaux savoirs épanouit, rend heureux (voire beaux).

La catalogue en papier glacé que l’on reluque pour se donner un peu de courage a vraiment de quoi nous faire oublier pour quelques heures l’ambiance grisâtre d’un open space sclérosé par des enjeux de pouvoirs ras de plancher.

D’autre part, parce qu’il existe très peu de formations débouchant sur un emploi (et encore moins sur l’emploi dont on rêve).

Car le diplôme en poche, il faut transformer l’essai, concrétiser la chance d’un ailleurs que l’on s’est offert et là, les choses s’avèrent souvent être nettement plus compliquées.

Chaque poste exige en effet une expérience significative dans le secteur dans lequel nous nous sommes formés.

Il n’est d’ailleurs pas rare de perdre patience à la lecture des postes « faits pour nous » mais qui nous échappent en raison des années d’expérience exigées dans un poste similaire.

Pour finalement arriver à la conclusion qu’il est impossible de changer de voie dans ce pays !

Enfin ET SURTOUT, parce que la seule et unique chose dont on a réellement besoin lorsque l’on sort d’un épisode d’épuisement, d’ennui mortel ou de perte de sens totale, c’est de repasser par soi-même.

  • Qui est-on ?
  • Qu’est-ce qui nous fait sentir en vie ?
  • Quels sont nos talents innés (et non les compétences que nous avons acquises) ?
  • Que signifie pour nous réussir notre vie ?
  • Pourquoi ?

Sans ce détour, sans la réponse à ces questions ; « en quoi suis-je éminemment et précieusement unique, comment raisonner et résonner avec le monde tel que je suis, comment traduire cela en termes de valeur ? », se jeter à corps perdu dans une formation est un piège.

Un piège qui se referme sur notre capacité à nous questionner pour mieux nous comprendre et mieux saisir ce qui a souffert, ce qui a dit non (et le dira avec tout autant de force après).

C’est, en revanche, un excellent moyen de se divertir intelligemment, d’échapper à un cadre dans lequel on étouffe peut-être, pour oxygéner un cerveau dans un lieu tout autre, au contact de profs investis et de personnes sympathiques.

Avec un peu de recul, j’avoue que toutes les formations que j’ai suivies – toujours avec enthousiasme – m’ont vraiment permise de faire des breaks, d’investir d’autres champs des possibles, de me confronter à d’autres milieux, mais elles m’ont également fait perdre un temps précieux pour investir une autre discipline beaucoup plus utile pour se sentir enfin à sa place dans le monde : soi-même !

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